Solsticio

October 1st, 2016

Este sesión de fotos marcará un paso importante en cazzo… no solo porque ahora nos movimos 100% a Montreal, sino también porque desde ahora será Nataniel quién escriba los artículos en francés, quizá algunas veces en inglés y otras veces yo los traduzca a español.

Solsticio
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Ma main glisse sur le drap blanc. Propre. Frais. éclatant. Et ma tête, lourde de souvenirs, s’écrase sur l’oreiller. Je respire doucement, longuement. Sur ma joue hirsute, une légère coulée de crystal. Sois fort, toujours, jusqu’à la fin. Jusqu’à la fin du monde, de ton monde. Et sur mes bras et sur mon corps et dans ma peau, sont gravées, exposées, les représentations de tout ce que je ne suis pas; l’esprit, l’idée, la pensée, l’atome, l’ADN, la rationalité. Malgré moi, je suis, également, la beauté, la douceur, la vulnérabilité. Je suis un géant de glace, une icône immobile, qui a pour cœur un chrysanthème violet, effervescent, qui s’étend à tous mes vaisseaux gelés. Un vent fait vient caresser mon corps dénudé ; mon dos, mes fesses, mes cuisses. Partout, mon poil se dresse. Du bout des doigts, je tire le rideau encore plus afin que cet air frigorifiant m’enlace totalement.

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De longues secondes, minutes, heures, s’écoulent. Je ne sais plus trop. Mais moi, là, dans la nudité, j’existe. Je vis et respire. Et, j’ouvre les yeux. Mon regard se perd au travers des rayons de lumières qui, maintenant, inondent ma chambre. Et, telle une vague qui vient du bout de l’horizon, la pièce s’emplit de chaleur lentement. L’odeur, vivante, du café m’arrive. Mes membres s’illuminent, se réaniment et je pose le pied, un seul, sur le sol. Et je m’enracine, je touche terre. Dans la cuisine, je saisis la première tasse et y verse ce liquide chaud, corsé, costaud. De ma chaise, j’observe la céramique étincelante sur laquelle, noyé dans la chaleur du matin, se prélasse Santos, petit chaton sensible et apeuré. Et je me dis que nous sommes semblables, lui et moi, car tous deux emprisonnés dans des enveloppes d’apollon. Je ramasse la petite boulle de poil et la serre contre ma poitrine. Il se rendort. Et, inconsciemment, probablement pour fuir ce monde cruel et vil, vivant à travers images et préjugés, me dis-je, il enfonce sa petite tête dans le creux de mon bras. Dans ce moment figé, Goliath serrant contre lui David, au milieu de la table, les roses s’ouvrent.

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Sur le tapis de ma porte d’entrée, un mot déposé ; «au fond de tes yeux flamboie mon cœur.» Il est passé. Délicate attention qui me foudroie. «Tu es beau». Tu n’as cessé de me le répéter lors de notre premier rendez-vous. À ses mots, qui m’isolent dans un cachot doré, qui m’élèvent au-dessus des gens ordinaires, je me crispe, je me ferme. Je fracasse mon cœur et te jette, au visage, sa poussière de diamant. Assis sur l’herbe, devant l’étang, devant le vert sublime des arbres, j’observe. Sous un soleil radieux, des enfants jouent au parc; certains dans le carré de sable et d’autres sur la balançoire ou encore dans les structures. Des gens, tous autant qu’ils sont, qui, simplement, se déprennent des chaînes de la routine. Tout autour de moi, le monde ralenti. Et, partout, sont étendus, par-ci, par-là, au travers des marguerites, des gens admirant l’immensité du ciel bleu. Paisible, heureux, je suis.

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Une goutte se fracasse sur mon front. Puis une autre et une autre. Les gens sont partis. Ils ont déserté cette température bipolaire. Sur la rue, sous la pluie, je marche. Et les sourires me piquent comme des flèchent, des regards insistants. Pesant. Et ma tête s’assombrit. Et dans ma tête ma véhémence à leur égard est égale au ciel qui crache sa rage, mouillée, sur nous. J’ouvre la porte et te vois endormi. Je reste dans l’embrasure quelques instants à observer ce corps, ces courbes. Même s’il n’est que trois heures, il fait gris. Gris et bon. Gris comme toute la violence, sourde, contre vous tous qui ne voyez que mon corps, que ma chair, que l’artificiel. Sur le répondeur quelques messages; deux de mon éditeur, trois de mes chargés de cours à l’université. J’efface tout. J’abandonne. Je me dénude et me glisse à côté de toi. Tu me prends dans tes bras sans ouvrir les yeux et instinctivement, tu caresses mon corps, mes muscles. Ardemment. Tu me regardes et me dis que je suis beau en me passant la main sur le visage. Enragé, je m’endors en pleurant au creux de tes bras.

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Texto: @natanieltrottier
Fotos: @osvaldouribe